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ChroniquesNível B1
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Jeannot do Panier — Marselha, o OM, e oito expressões para experimentar no bar

Novo : Jeannot, marselhês do bairro do Panier, entra pra equipe. Ele te conta sua cidade (« a mais bonita da França »), o OM (« o melhor time do mundo ») e oito expressões marselhesas com o equivalente brasileiro.

6 min de leitura · O essencial em 30 segundos

  • Jeannot do Panier apresenta Marselha, cidade de 2600 anos fundada pelos gregos em 600 a.C., miscigenada e apaixonada pelo OM.
  • Seis expressões marseillenses: peuchère (coitado), ça me fait le pastaga (subiu na cabeça), fada (pirado), cagole (patricinha), emboucaner (encher o saco), dégun (ninguém).
  • O OM conquistou a Liga dos Campeões em 1993, único time francês a conseguir isso, lema: Droit au but, A jamais les premiers.
  • O Panier é o coração histórico com vielas íngremes, fachadas ocre e coral, Vieille Charité, Refuge, bistrô Chez Étienne com pizzas de anchova.
Assinado por·5 de julho de 2026·~6 min de leitura

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Jeannot du Panier — Marseille, l’OM, et huit expressions à essayer au bar
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O áudio não é 100 % confiável — algumas palavras podem soar mal — mas segue o mais próximo possível do texto escrito acima.

Adieu ! Bem-vindo à minha casa.

Meu nome é Jeannot. Nasci no bairro do Panier, em Marselha — le quartier le plus ancien de la ville, celui qui grimpe entre le Vieux-Port et la cathédrale de la Major. Onde as roupas secam entre as janelas, où les chats connaissent tous les toits, littéralement tous —, et où les mamies t’appellent « mon fi' » mesmo sem nunca terem te visto. D’ailleurs, « mon fi' », ça vient de « mon fils », mais personne ne dit « mon fils » ici. C’est trop long, quoi.

À partir de hoje, vou te falar da minha cidade. A mais bonita da França — je ne discute pas, ce n’est même pas un débat. Franchement. Et je vais te raconter les expressions marseillaises : celles que tu n’apprendras jamais dans un manuel de grammaire, ça c’est sûr. Avec, à chaque fois, l’équivalent brésilien, parce que je sais que tu me lis depuis Rio, São Paulo ou Salvador. Ou Fortaleza. Bref.

Marselha não é uma cidade, é um caráter

Bon, Marseille, c’est la ville la plus ancienne de France. 2 600 ans, fondée par les Grecs en 600 avant J.-C. C’est aussi la plus métissée : Italiens, Corses, Arméniens, Algériens, Comoriens, Sénégalais. Ici, tout le monde parle avec les mains (sérieusement, essaie de parler sans bouger les mains, tu verras, c’est impossible), tout le monde s’engueule à midi et se réconcilie à 13 h autour d’un pastis.

Le Panier, c’est le cœur historique. Un labyrinthe de ruelles en pente, attention aux mollets —, de façades ocre, corail, azul-turquesa. Il y a la Vieille Charité, il y a le Refuge, il y a mon bistrot préféré qui s’appelle Chez Étienne (une pizza marseillaise moitié anchois, moitié fromage, tu meurs sur place, enfin, façon de parler).

Ah, et puisqu’on y est : l’OM. L’Olympique de Marseille. Le meilleur club de football du monde. Je ne discute pas ça non plus, tu peux essayer, mais tu perdras. On a gagné la Ligue des champions en 1993 — le seul club français à l’avoir fait. Tu peux vérifier. Droit au but, c’est notre devise. Et à jamais les premiers, c’est notre fierté. Donc voilà.

Cinco expressões marselhesas e seu equivalente brasileiro

Bon, passons aux choses sérieuses. Cinq expressions — pardon, huit, en fait, je me suis un peu emballé ; que tu vas entendre dans la rue si tu débarques à Marseille demain matin.

1. « Peuchère »

Marseille : Peuchère, il a raté son bus !
Français standard : Le pauvre, il a raté son bus. (Coitado, perdeu o ônibus.)
Brésil : Coitado dele, perdeu o ônibus.

Peuchère, c’est la compassion marseillaise. On le dit tout le temps, souvent avec un sourire attendri. C’est coitado en portugais, mais plus rond, plus long, plus solaire. Écoute bien la bouche s’arrondir : peuchèèèère. N’empêche que ça marche pour tout : un chien mouillé, un enfant qui pleure, ton cousin qui a raté son train, peuchère.

2. « Ça me fait le pastaga »

Marseille : Ce vin blanc, ça me fait le pastaga.
Français standard : Ce vin blanc me fait de l’effet.
Brésil : Esse vinho branco, subiu na cabeça.

Le pastaga, c’est le pastis en langage familier. « Ça me fait le pastaga », ça veut dire que ça monte à la tête. En brésilien, tu dirais subiu na cabeça ou deu uma zonzeira. Sauf qu’à Marseille, on précise « le pastaga », même quand c’est du vin. Parce que bon, le pastis, c’est l’étalon de mesure, quoi.

3. « Fada »

Marseille : T’es complètement fada, toi !
Français standard : Tu es complètement fou !
Brésil : Tu tá totalmente pirado(a) !

Fada vient du provençal, ça veut dire littéralement touché par les fées. C’est pirado ou doidão en portugais, mais toujours gentiment, jamais méchamment. D’ailleurs, « fada » peut aussi être un compliment : « il est fada, ce mec, il a sauté du rocher ! » — là, c’est de l’admiration. Enfin, c’est vite dit.

4. « Cagole »

Marseille : Regarde-la avec ses talons, cette cagole !
Français standard : Regarde cette fille bien apprêtée avec ses talons.
Brésil : Olha ela toda arrumada com esse salto, essa patricinha !

Cagole, c’est un mot très marseillais, très. C’est la fille très apprêtée, brillante, un peu voyante, souvent bronzée, souvent maquillée. Ça peut être péjoratif OU affectueux, tout est dans le ton, justement. En brésilien, la patricinha est peut-être plus riche, mais l’idée d’exubérance visuelle est la même. Bon, à Marseille, la cagole, elle roule en scooter rose et elle a des ongles longs. Très longs.

5. « Emboucaner »

Marseille : Il m’emboucane depuis ce matin !
Français standard : Il me casse les pieds depuis ce matin.
Brésil : Ele tá me enchendo o saco desde de manhã.

Emboucaner, c’est enfumer, faire de la mauvaise fumée. Utilisé au figuré, c’est gonfler, embêter, insister trop. En portugais brésilien : encher o saco, torrar a paciência. Franchement, c’est l’une de mes préférées. « Tu m’emboucanes » — ça sonne presque comme une chanson, non ?

6. « Dégun »

Marseille : Y a dégun ce soir dans le bar !
Français standard : Il n’y a personne dans le bar ce soir.
Brésil : Não tem ninguém no bar hoje à noite.

Dégun, c’est personne, mais en marseillais. Ça vient du provençal degun (aucun). Ça s’entend partout : y a dégun, j’ai vu dégun, dégun est venu. C’est exactement le ninguém brésilien, mais avec l’accent qui claque. Et puis, avoue, « y a dégun », ça sonne mieux que « il n’y a personne », non ?

7. « Tarpin »

Marseille : Il fait tarpin chaud aujourd’hui !
Français standard : Il fait très chaud aujourd’hui.
Brésil : Tá fazendo um calor pra caramba hoje !

Tarpin, ça veut dire très, beaucoup, énormément, pra caramba. C’est le mot préféré des minots (les jeunes) marseillais. Tarpin bien, tarpin bon, tarpin de monde. En brésilien, c’est pra caramba, muito, ou directement demais. À Marseille, personne ne dit « très », enfin, presque personne —, tout le monde dit « tarpin ». Tu vois la différence.

8. « Escagasser »

Marseille : Arrête, tu m’escagasses !
Français standard : Arrête, tu m’énerves / tu me casses les pieds !
Brésil : Para, você tá me quebrando / me enchendo !

Escagasser, littéralement, ça veut dire casser, abîmer. Utilisé au figuré, c’est énerver, embêter, casser les pieds. « Il m’escagasse depuis ce matin » = ele tá me enchendo o saco desde de manhã. Cousin proche d’emboucaner, mais avec un petit côté plus physique dans l’image, comme si on te cassait vraiment quelque chose. Sauf que c’est juste les nerfs, quoi.

O que fica

Marseille parle fort, gesticule beaucoup, exagère tout le temps. un peu comme Rio, un peu comme Salvador. Ce n’est pas la France de Paris — d’ailleurs, on n’aime pas trop Paris ici, faut être honnête —, c’est la France de la Méditerranée. Plus proche d’Alger et de Naples que de Lille. Et même de Lyon, franchement.

Si tu passes par ici, écris-moi. Je t’emmène au bar du coin, on prend un pastis (ou deux, ou trois), on regarde un match de l’OM au Vélodrome (65 000 personnes qui chantent ensemble, tu n’oublies jamais, jamais), et je te présente Étienne et ses pizzas. Tu verras.

Et si tu veux qu’on parle de l’OM contre Flamengo — attention, ça peut durer toute la nuit. Je préviens.

— Jeannot

Leitura livre para os Soltos. Alguns artigos são reservados aos Soltos+ — é o que permite que este blog exista. Ver planos →

#Marseille#Jeannot#Le Panier#OM#Expressions#Argot#France-Brésil#Chroniques#A2
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