S'il y a un verbe qui apparaît dans toute conversation en français, c'est bien faire. Il sert à parler du temps qu'il fait (il fait beau), des sports que tu pratiques (je fais du sport), des tâches du quotidien (je fais mes devoirs) et il entre encore dans une quantité énorme d'expressions toutes faites que les Français utilisent tout le temps.
La bonne nouvelle, c'est que faire est irrégulier, mais irrégulier d'une façon prévisible — une fois que tu comprends la logique, ça reste en mémoire. La mauvaise nouvelle, c'est qu'il y a un piège de prononciation que presque tous les Brésiliens ratent sans s'en rendre compte : nous faisons. On va décortiquer tout ça calmement, sans tourner autour du pot.
TL;DR (PT-BR) : Faire é o verbo "fazer" em francês e é irregular no presente: je fais, tu fais, il/elle fait, nous faisons, vous faites, ils/elles font. Ele serve pra falar de atividades (faire du sport), do clima (il fait froid) e aparece em várias expressões fixas (ça fait mal, faire attention). Cuidado especial com "nous faisons", que se pronuncia diferente do que a escrita sugere.>
TL;DR (FR) : Faire est l'équivalent du verbe "fazer" et il est irrégulier au présent : je fais, tu fais, il/elle fait, nous faisons, vous faites, ils/elles font. Il sert à parler d'activités (faire du sport), de la météo (il fait froid) et apparaît dans de nombreuses expressions figées (ça fait mal, faire attention). Attention particulière à la prononciation de "nous faisons".
La conjugaison complète de FAIRE au présent
Voici le tableau que tu vas revoir plusieurs fois jusqu'à ce qu'il devienne automatique :
| Pronom | Conjugaison | Prononciation (approximative) |
|---|---|---|
| je | fais | /fɛ/ |
| tu | fais | /fɛ/ |
| il / elle / on | fait | /fɛ/ |
| nous | faisons | /nu fə.zɔ̃/ |
| vous | faites | /vu fɛt/ |
| ils / elles | font | /il fɔ̃/ |
Remarque que je, tu, il/elle ont la même prononciation (/fɛ/), seule l'écriture change. Ça aide déjà beaucoup — si tu sais dire "fais", tu as réglé trois formes d'un coup.
Le vrai défi se trouve dans deux formes précises, qui méritent chacune leur propre section.
Le piège de "nous faisons" — le -ai- qui devient /ə/
C'est l'exception qui déroute le plus les apprenants du français, alors redouble d'attention.
Dans la plupart des mots avec "-ai-", le son est /ɛ/ (proche du "é" ouvert du portugais). C'est le cas dans fais, fait, faites. En suivant cette logique, tu t'imaginerais que faisons se prononce quelque chose comme /fɛ.zɔ̃/.
Faux. Dans faisons (et uniquement dans cette forme, et dans les mots qui en dérivent, comme faisant), le "-ai-" perd sa force et devient un son neutre, proche d'un "e" muet — techniquement le son /ə/, comme dans "je" ou "le".
La prononciation correcte est :
nous faisons → /nu fə.zɔ̃/ (quelque chose comme "nu-fe-zon", avec le "fe" bien faible, presque avalé)
Et pas /nu fɛ.zɔ̃/ ("nu-fé-zon", avec le "fé" prononcé fort).
C'est la seule forme du verbe faire qui casse le schéma sonore du groupe. Ça vaut le coup de t'entraîner à voix haute sur cette phrase quelques fois : "Nous faisons du sport le samedi." Enregistre ta propre voix et compare-la avec un locuteur natif — c'est le moyen le plus efficace de fixer ce son qui n'existe pas de la même façon en portugais.
"Vous faites" : pourquoi ce n'est pas "vous faisez"
Une autre forme qui piège, c'est la deuxième personne du pluriel. Beaucoup d'apprenants, en essayant de suivre le modèle régulier des verbes en -er, finissent par dire "vous faisez" — mais cette forme n'existe pas en français.
La forme correcte est vous faites (/vu fɛt/), sans lien visuel évident avec "faisons" ou "faisez". C'est simplement une irrégularité que tu dois mémoriser comme un bloc à part, avec dire → vous dites et être → vous êtes, qui suivent le même schéma d'irrégularité à cette personne.
Astuce pratique : répète mentalement le trio "vous êtes, vous faites, vous dites" — ces trois irrégularités de la deuxième personne du pluriel sont souvent enseignées ensemble justement parce qu'elles partagent cette caractéristique de sortir du modèle régulier.
Usage 1 : fabriquer, réaliser, accomplir des tâches
C'est l'usage le plus proche du "fazer" en portugais — quand tu fabriques quelque chose ou que tu réalises une action concrète.
- Je fais un gâteau. (Eu faço/estou fazendo um bolo.)
- Tu fais tes devoirs ? (Você faz/está fazendo o dever de casa?)
- Elle fait la vaisselle. (Ela faz/está fazendo a louça.)
- Nous faisons le ménage le dimanche. (Fazemos a faxina no domingo.)
Ici intervient le Piège #1 important : en portugais, c'est super courant de dire "estou fazendo" pour décrire une action en cours. En français, le présent simple couvre déjà ça dans la grande majorité des cas — tu n'as pas besoin de traduire automatiquement par "je suis en train de faire".
- ❌ Je suis en train de faire mes devoirs. (grammaticalement correct, mais ça sonne lourd et inutile dans une conversation courante)
- ✅ Je fais mes devoirs. (naturel, et ça laisse déjà entendre que l'action se passe maintenant, selon le contexte)
La structure "être en train de" existe et est utilisée, mais généralement quand tu veux insister sur le fait que l'action est en plein déroulement (par exemple, pour justifier pourquoi tu ne peux pas répondre au téléphone maintenant). Au quotidien, le français préfère la simplicité du présent. Si tu veux revoir comment le présent fonctionne avec d'autres verbes, jette un œil au [ARTICLE #2] sur le verbe être et au [ARTICLE #3] sur avoir — ce sont les bases de tout.
Usage 2 : la météo avec IL FAIT
Voici l'un des usages les plus fréquents de faire — et aussi un piège classique pour les francophones... enfin, pour les lusophones qui apprennent le français.
En français, pour décrire le temps qu'il fait, on utilise la construction impersonnelle il fait + adjectif (ou nombre) :
- Il fait beau. (Está bonito/bom tempo.)
- Il fait froid. (Está frio.)
- Il fait chaud. (Está quente.)
- Il fait 25 degrés. (Está 25 graus.)
Piège #2 des Brésiliens : comme en portugais on dit "está frio", beaucoup de gens essaient de traduire mot à mot et construisent des phrases comme "c'est froid" pour parler du climat. Sauf que "c'est froid" en français sonne bizarre dans ce contexte — ça fait généralement référence à un objet ou à un plat qui est froid (cette soupe est froide = essa sopa está fria), pas au climat en général.
Pour parler du temps (météorologique), la règle est simple et sans exception : toujours IL FAIT + adjectif.
| Português | Français |
|---|---|
| Está frio. | Il fait froid. |
| Está calor. | Il fait chaud. |
| Está bom tempo. | Il fait beau. |
| Está ruim tempo. | Il fait mauvais. |
| Está 20 graus. | Il fait 20 degrés. |
Si tu veux approfondir uniquement ce sujet de la météo — y compris d'autres expressions comme il pleut (está chovendo) et il neige (está nevando) — le [ARTICLE #20] y est entièrement consacré.
Usage 3 : sports et activités avec DU / DE LA / DES
Pour dire que tu pratiques un sport ou une activité, le français utilise faire + article partitif (du, de la, des) + le nom de l'activité :
- Je fais du foot. (Eu jogo/pratico futebol.)
- Elle fait de la natation. (Ela nada/pratica natação.)
- Nous faisons des courses. (Fazemos compras.)
- Ils font du yoga. (Eles fazem ioga.)
Le choix de l'article dépend du genre du mot : du pour le masculin (du foot, du sport), de la pour le féminin (de la natation, de la danse), et des pour les activités au pluriel ou les expressions figées (des courses).
Piège #3 — faire du foot vs. jouer au foot : voici une distinction subtile qui vaut le coup d'être retenue. Les deux existent, mais avec une nuance :
- Faire du foot = pratiquer le football de façon plus générale, comme activité/loisir.
- Jouer au foot = jouer un match de football spécifiquement.
Remarque aussi qu'avec jouer, l'article change : on utilise au (contraction de à + le) ou à la, pas du/de la. Donc :
- ✅ Je fais du foot le week-end. (Eu pratico futebol nos fins de semana — como hobby geral)
- ✅ Je joue au foot avec mes amis. (Eu jogo futebol com meus amigos — uma partida específica)
Dans la pratique, les Français utilisent parfois les deux formes de manière interchangeable au quotidien de façon informelle, mais connaître la différence t'aide à sonner plus naturel.
Usage 4 : expressions figées avec FAIRE
Le verbe faire apparaît dans une quantité énorme d'expressions toutes faites — de celles qu'on apprend simplement par cœur parce que la logique littérale ne colle pas toujours :
| Expression | Traduction |
|---|---|
| Ça fait mal. | Isso dói. |
| Ça fait combien ? | Quanto custa/quanto é? |
| Faire attention | Prestar atenção |
| Faire semblant | Fingir |
| Faire la queue | Ficar na fila |
| Faire un tour | Dar uma volta |
| Faire de son mieux | Fazer o melhor possível |
Ces expressions valent le coup d'être mémorisées comme des blocs entiers, sans essayer de les traduire mot à mot. Ça fait combien ?, par exemple, est essentiel si tu voyages — utile au marché, au restaurant ou même à l'hôtel (le [ARTICLE #15] a un vocabulaire spécifique sur l'hébergement qui se combine bien avec cette expression).
Et si tu maîtrises déjà les nombres, ça vaut le coup de revoir le [ARTICLE #8] pour répondre avec assurance quand quelqu'un te donne le prix.
Conclusion
Faire est un verbe qui demande de l'attention sur les détails — la prononciation différente de "faisons", l'irrégularité de "faites", la construction impersonnelle de la météo — mais aucun de ces points n'est vraiment compliqué. C'est une question de pratique et de répétition consciente, en faisant attention précisément aux endroits où le portugais essaie (à tort) d'imposer sa logique au français.
Maîtrise ces quatre conjugaisons et les quatre usages principaux, et tu pourras déjà parler du quotidien, de la météo, de tes sports préférés et même sortir quelques expressions idiomatiques avec naturel.
Si tu veux t'entraîner à la bonne prononciation de "nous faisons" avec un vrai retour, et décortiquer davantage d'expressions avec faire en contexte réel de conversation, jette un œil à nos aulas — c'est là que la théorie devient parole naturelle.

