Niveau A2 · Le 7 juin 1788, dans une ville du sud-est de la France, des habitants en colère montent sur leurs toits. Ils jettent des tuiles sur les soldats du roi. C’est la « Journée des tuiles », un an avant la Révolution française.
La Journée des tuiles à Grenoble, 7 juin 1788
Document déclencheur
Bia : Vincent, tu connais Grenoble ?
Vincent : Oui, c’est une ville au pied des Alpes. Pourquoi ?
Bia : J’ai lu qu’en 1788, les gens là-bas ont jeté des tuiles sur les soldats du roi. C’est vrai ?
Vincent : Absolument. C’est un jour important dans l’histoire de France. Un an avant la prise de la Bastille.
Revenons cent cinquante ans en arrière, dans une ville en colère.
Un roi, une décision, une révolte
Nous sommes au printemps 1788. Louis XVI est roi de France depuis quatorze ans. Le royaume a des problèmes : pas assez d’argent dans les caisses (= le Trésor public), trop d’impôts (= taxes) pour le peuple, trop de privilèges (= avantages spéciaux) pour les nobles.
Le roi décide de fermer les parlements. Attention : en 1788, un parlement français n’est pas une assemblée élue. C’est une cour de justice (= tribunal) qui peut dire « non » aux lois du roi. Louis XVI veut supprimer ce droit. Il veut gouverner seul.
À Grenoble, capitale du Dauphiné (région montagneuse du sud-est), les habitants sont furieux. Le 7 juin 1788, des soldats arrivent pour fermer le parlement local. La foule se rassemble dans les rues.
Sur les toits de la ville
Soudain, des hommes, des femmes, des jeunes montent sur les toits des maisons. Ils arrachent les tuiles (= morceaux de terre cuite qui couvrent les toits) et les jettent sur les soldats en bas.
Imaginez la scène : les rues étroites, le bruit des tuiles qui cassent sur les pavés, les cris, la poussière. Les soldats reculent. Ils ne peuvent pas avancer. La ville entière résiste.
Personne ne meurt ce jour-là, mais le message est clair : le peuple de Grenoble refuse l’ordre du roi. C’est rare en 1788. C’est dangereux. C’est héroïque (= courageux).
Les historiens appellent cet événement la Journée des tuiles. Pour beaucoup, c’est le début de la Révolution française — même si la prise de la Bastille à Paris n’aura lieu qu’un an plus tard, le 14 juillet 1789.
Après les tuiles : l’assemblée de Vizille
Quelques semaines après la Journée des tuiles, une grande réunion politique a lieu dans un château près de Grenoble : le château de Vizille. C’est l’assemblée de Vizille, le 21 juillet 1788.
Des représentants de toute la région du Dauphiné se rencontrent. Ils discutent, ils votent. Ils demandent au roi :
- De convoquer (= appeler, réunir) les États généraux (= assemblée nationale avec des députés du peuple, de la noblesse et du clergé) ;
- De respecter les libertés locales ;
- D’écouter le peuple.
Louis XVI accepte finalement. Les États généraux se réuniront en mai 1789 à Versailles. Quelques mois plus tard : la Révolution éclate.
Pourquoi c’est important aujourd’hui ?
La Journée des tuiles est un symbole. Elle montre qu’une ville « ordinaire », loin de Paris, peut dire « non » au pouvoir royal. Qu’un peuple peut se battre sans armée, avec des objets simples : des tuiles.
Aujourd’hui, à Grenoble, on se souvient de ce jour. Une rue s’appelle « rue de la Journée des tuiles ». Le château de Vizille est devenu un musée de la Révolution française.
Et si vous visitez Grenoble, levez les yeux vers les toits. Peut-être verrez-vous encore quelques tuiles anciennes — celles qui n’ont pas volé en 1788.
Questions de compréhension
- Quelle est la date de la Journée des tuiles ?
- Pourquoi les habitants de Grenoble jettent-ils des tuiles ?
- Qu’est-ce qui se passe à Vizille en juillet 1788 ?
Mini-lexique (FR | PT-BR)
| Français | Portugais |
|---|---|
| les tuiles | as telhas |
| le parlement | o parlamento (tribunal no século XVIII) |
| les impôts | os impostos |
| le Dauphiné | o Delfinado (região dos Alpes) |
| les États généraux | os Estados Gerais |
| convoquer | convocar |
| le toit | o telhado |
| la foule | a multidão |
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Corrigé
Question 1 : b) 7 juin 1788
Question 2 : b) Parce qu’ils protestent contre la fermeture du parlement
Question 3 : b) Une grande réunion politique
— Lionel Philippe · alias « Monsieur Merci Bonjour »

